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mercredi 24 septembre 2014

Petit ours brun mange du raisin

Nouvelles péripéties dans l’Okanagan ! Nous voilà de retour chez nos sud africains, et faute de pouvoir commencer vraiment les vendanges,  on se divertit avec les enquiquinements de nos patrons. On ne devrait pas c'est vrai, mais les discussions du moment sont presque surréalistes. Figurez - vous que trois ours bruns font quelque peu parler d'eux ces dernières semaines. Il semblerait en effet, que la fin d'après midi soit le moment idéal pour un petit goûter plein de vitamines dans la communauté des plantigrades (attention, deux mots de quatre syllabes à la suite, le cerveau chauffe !). Quoi qu'il en soit, les terrasses du domaine en pâtissent un peu et les sud af’ se creusent le ciboulot pour éconduire les gourmands nounours. Virées en quad pour les effrayer, coups de feu et même installation d'une radio tout la haut pour simuler la présence humaine. Mais rien n'y fait, nounours est coriace. Ce que nounours ignore, c'est que le sud af’ est tout aussi coriace, et qu'en plus, il a des potes avec  permis de port d'armes.  Vous y êtes ? La solution finale a été voté, la chasse au nounours à débuté ! Pour l'instant,  nounours est plus agile. Témoignage du sniper : si je tire, je n'ai pas le droit à l'erreur. Si je le rate, il reviendra alors, mais en très méchant nounours (ndlr : traduction non assermentée). Et qui a envie d'un méchant nounours sur sa propriété ? Je vous le demande ! Bref, pour l'instant tout le monde est vivant, on vous en dira plus quand une des deux parties aura été la plus maligne.
Bon sinon on est quand même là pour bosser, mais c'est pas si simple quand la météo fait des siennes et que toutes les machines se mettent à déconner en même temps. On a donc été en chômage technique une bonne partie de la semaine dernière et aujourd'hui également étant donné qu'il pleut bergère. La bonne nouvelle, c'est qu'on est plus que bien lotis ici. L'ascension sociale ça vous parle ? Aller,  je suis en forme ce matin, je vais vous expliquer. Bien éclairés,  on a mis les pieds ici mi juillet. On vous le disait,  à cette époque, on dormait sous notre toit de tôle par une chaleur caniculaire, à même le sol, matelas et moustiquaire. Deux semaines plus tard,  promotion,  on nous déménage sous une tente prospecteur plus grande que nos apparts’ étudiants, moustiquaire intégrée et douche extérieure en bambou, grand luxe. À notre retour il y a à peine quinze jours, nous pensions renouer les liens tissés avec cette jolie tente mais le sud af’ a encore une fois bien assuré. Nous voilà logés dans une maison en dur ! Cuisine, chambre et donc vrai lit, salle de bain et latrines, chambre d'amis même ! La grande classe en somme. Mon ours à moi (qui ne se fera pas tirer dessus, je vous le promets) affirme même qu'on doit être les saisonniers les mieux logés de toute la vallée. Et on doit pas être loin de la vérité...
Et au milieu de toutes ces réjouissances, la transformation a débuté. On profite du calme avant la tempête pour se changer petit à petit en futurs cyclotouristes. On traque les bonnes occas’ sur le bon coin canadien et on a d'ors et déjà déniché des sacoches et un vélo pour mes petites jambes. La catégorie "vélo pour nains" du bon coin n'étant étrangement pas très fournie, on a bon espoir d'en trouver un dans les prochains jours pour humain normalement taillé.  Et la grande nouvelle, c'est que j'écris mon premier article depuis une tablette Android ! Diable ! On se transforme vraiment ! 
Sacoches waterproof, k-way super waterproof et fluo de surcroît pour nous voir au milieu du brouillard, on va lui faire sa fête à la pluie ! Power Ranger Vert et Power Rangers Orange seront bientôt sur les routes mais en attendant, le raisin ne va pas se ramasser tout seul, enfin sauf si petit ours brun ramène ses potes...

lundi 8 septembre 2014

La Bourgogne attaque !

Comme vous pouvez le constater, l'Ours Martin à retrouvé ses géniteurs, et ce bien sûr, dans la joie et la bonne humeur. Le temps file depuis lors et Rusty, fidèle au poste, nous mène et remmène valeureusement à travers les routes canadiennes. 
Plusieurs constantes dans ce voyage : les lacs, les sapins et les montagnes, sans oublier la fameuse "godelle" des Voiret en matière de soleil pendant les vacances. Alors si comme moi vous ignoriez le sens de ce mot obscur, sachez que dans le jargon Mâconnais (ou tout du moins dans celui du dit Patrice), cette "godelle" serait synonyme de "chance". Alors utilisons ce nouveau mot : fichtre ! on a quand même une sacré godelle avec le temps depuis quinze jours ! 
Bon c'est vrai le soleil est là, mais on comprend aussi très bien que l'on n'est plus dans le désert et que l'automne arrive. On vous parlait de la chaleur caniculaire il y a un mois, on a marché sous la neige il y a à peine une semaine. Les Rocheuses sont surprenantes, aucun doute là dessus. Pour l'Ours Martin et moi même, ce fut notre seconde traversée dans ces contrées montagneuses. Et la deuxième fois est tout aussi impressionnante, on laissera donc parler les images. Déjà en mai, je n'avais pas réussi à mettre des mots sur ce périple, raison de plus pour laisser la place aux clichés. Bonus de septembre : pas de neige sur les sommets empêchant les randonnées. Ce petit détail nous a permis avec mon bien aimé Ours d'effectuer une randonnée qui nous avait alléchée il y a quelques mois. Quarante quatre kilomètres sur trois jours dont environ la moitié au-dessus de la ligne de démarcation des arbres. Résultat époustouflant, les Rocheuses dans nos bras et un sourire jusqu'aux oreilles même si le passage de certains cols a été épique. Une météo capricieuses (et oui, la godelle nous a lâché en même temps que l'on a laissé Sylvie et Patrice, ça nous apprendra) nous a en effet valu quelques péripéties dans la neige et des nuits bien fraîches.
Et un vilain orage s'annonce pour demain, cette nuit sera donc la dernière dans les Rocheuses, on se carapate dans l'Okanagan pour les derniers jours canadiens de maman ours et papa ours histoire de trouver un peu de chaleur réconfortante. Tout ceci n'étant bien sûr qu'un prétexte pour déguster du bon vin et faire le tour des caves de la région, on l'aura bien compris ! Des bourguignons dans l'Okanagan, la boucle est bouclée, les canadiens n'ont qu'à bien se tenir, ça va frimer dans le caveau...







vendredi 22 août 2014

Burgers, pick-up, mauvais café, bisons et têtes fracassées !

On a fait un saut dans le grand ouest, the "Old West" comme ils disent. Cela nous a obligé à cogiter une fois de plus sur la culture ou "non culture" de l'ouest Canadien. 
Pour nous, fichus européens, c'est assez incroyable de se dire que soixante ans en arrière, les routes  ici étaient de terres et que les saloons pullulaient autant que leurs cow-boys. Pensez à Docteur Quinn et vous y êtes ! Lorsque l'on traverse une ville établie en 1890, on plonge dans l'Histoire. Et ce n'est pas rare de voir, en 2014, des affiches Wanted placardées sur les vitrines des échoppes.  De vieux saloons sont encore debout, et quand on rentre dans un pub pour déguster un burger, on est bien souvent entourés de ces cow-boys du 21ème siècle au chapeau impressionnant. C'est dans le sud de l'Alberta, province voisine du Montana américain que l'on a trouvé ça le plus marquant. 
Les natifs, plus présents (ou plus visibles ?) qu'ailleurs se promènent eux aussi en pick-up et boivent la mauvaise mais populaire Budweiser. On ne chasse plus le bison depuis bien longtemps par ici...
A propos de chasse au bison, par une journée pluvieuse, on s'est rendu au Head Smashed-In Buffalo Jump. Un nom à coucher dehors pour décrire un site classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Une belle surprise dans les plaines de l'Alberta, un ancien site majeur, témoin des pratiques par les Blackfoot de la chasse au bison. La technique est archaïque avant l'arrivée des européens, et c'est justement celle qui nous intéresse. C'est à l'automne que les grandes chasses s'organisaient, après l'été nourricier. Les chasseurs patientaient alors jusqu'à l'arrivée d'un vent favorable, indispensable à la réussite de la chasse. Le vent propice étant là, les chasseurs se paraient de peaux de loups et de bisons, trompant ainsi le troupeau presque aveugle et dissimulant les odeurs humaines. La conduite vers la falaise pouvait alors commencer, le troupeau en pleine ruée ne pouvant stopper sa propre course vers une mort inévitable. Et c'est ainsi que les Blackfoot survivaient un hiver de plus. Blackfoot 1-0 Bisons. Et puis les européens sont arrivés, et là ça a fait mal (encore) : Européens 2-0 Bisons.
Des bribes de Culture qu'on est ravis d'attraper au vol. Pour le reste, on se contente de manger des burgers, le seul plat national digne de confiance. Je deviens experte en Veggie Burger et l'ours Martin commence à devenir accro à la combinaison steak-bacon-frites. Traditions, coutumes ? Une immigrée portugaise rencontrée dans la Garden Party Sud-Africaine née au Canada nous donne son point de vue sur le pays et nous conseille si l'on veut immigrer ici, d'amener notre propre culture et de trouver une communauté qui nous correspond dans laquelle on veut s'intégrer. Drôle de pays quand même. Drôlement beau ce pays quand même !






vendredi 15 août 2014

Nous voilà riches... Enfin, encore plus qu'avant !

De retour pour vous raconter la suite des aventures des joyeux travailleurs de l'Okanagan. Bon alors la super nouvelle c'est que les joyeux travailleurs ont terminé le travail ce matin même. Malheureusement, les deux derniers jours n'auront pas été très glorieux du fait d'une météo capricieuse qui nous a mise en intempéries. Mais à ce stade, la météo on fini par s'en fiche ! Tout ce que l'on a en tête depuis dix jours, ce sont les randonnées au Parc Waterton qui nous attendent. 
Rusty reprend du service, on l'emmène se promener à quelques milles kilomètres de là, tout au sud des Rocheuses Canadiennes... et on espère qu'elle va tenir le coup. Il faut d'ailleurs qu'elle tienne le choc parce que dimanche 24 août, maman ours et papa ours arrivent à Vancouver International Airport. Papa ours veut voir ses congénères, on va donc essayer d'aller les trouver dans les Rocheuses. Quant à maman ours, je pense que son Ours Martin lui suffira, et c'est bien normal. Plus de quinze jours au goût de France, ça va nous faire du bien après ces deux mois internationaux. 
La vigne nous aura fait suer, au propre comme au figuré et on est plus qu'heureux de faire un break. Ce ne sont toutefois pas des adieux puisque nous seront de retour pour les vendanges après la visite des français de France. On va donc retrouver nos sud africains préférés aux alentours du 12 septembre. C'est avec ces chers patrons forts sympathiques que nous avons, l'Ours Martin et moi même, participé à notre toute première Garden Party. Et une Garden Party dans un vignoble - vous l'imaginez bien - ça s'annonce sous de joyeux auspices. C'est un peu une victoire parce qu'on a été capable de converser avec les convives sans difficultés majeures, sociabilisant même à la perfection, chose que l'on aurait été incapables de faire il y a encore quelques mois. Comme quoi tout est possible avec un peu d'acharnement (et quelques verres de vin blanc).
En parlant de choses possibles et impossibles, on est également en train de planifier notre descente en terres hispanophones. Et il se trouve que si tout se passe bien, cette descente risque bel et bien de s'effectuer à bicyclette. On s'organise doucement mais sûrement et on se prépare mentalement (physiquement aussi depuis deux mois, cela va sans dire) à pédaler sous la pluie automnale du nord de la côte ouest étasunienne. Arrivés à mi-chemin, la météo devrait se faire de plus en plus clémente, enfin on présume. Et avant de voir des photos de nos trognes de chouinards sur nos vélos sous une pluie battante, on vous laisse en images avec la très HOT vallée des merveilles. Profitez, c'est encore l'été...






lundi 28 juillet 2014

Man vs Wine

Nos interventions sur le net se font plus rares et voilà déjà un mois et demi que l'on travaille dans les champs : le temps file, nos corps s'adaptent du mieux qu'ils peuvent à l'effort physique, reste à gérer la chaleur caniculaire ! Cette dernière est parfois écrasante... Ce pays nous réserve bien des surprises, après avoir passé l'hiver le plus froid de notre carrière dans l'est, on se coltine l'été le plus chaud jamais enregistré par nos organismes dans l'ouest ! "Le Canada va vous rendre plus fort" qu'ils disaient en Ontario, je crois qu'on comprends de mieux en mieux de quoi ils causaient.
On a quitté nos russes pour un retour dans les vignes, chez un suisse d'abord, et nous voilà désormais chez des amis du suisse, sud africains cette fois. On loge chez eux, sous un toit de tôle, idéal pour ne pas trop avoir froid... Sous ce même toit de tôle, juste à côté du matelas, aiment lézarder nos colocataires furtifs, les serpents de la vallée. Heureusement, pas de sonnette, on n'est pas encore complètement faits comme des rats. 
Alors que vous dire, ben le travail de la vigne par 40°C ça fait mal, même quand on se réveille en plein milieu de la nuit pour commencer le travail à la fraîche. Cela fait maintenant un mois que l'alarme sonne à 4h du matin, alors autant être honnête, on n'a nullement besoin de berceuse et c'est pas souvent qu'on a l'occasion de regarder les étoiles.
Pour les potins, la départ de chez les russes a eu le mérite d'être pour le moins animé. Si j'étais journaliste au Progrès de Lyon, je dirais que les indiens d'Inde ne sont pas fiables et n'ont pas de respect pour l'être humain, que les russes sont des voleurs , que les suisses, eux donnent bien l'heure et que les sud africains sont altruistes. Malheureusement, je n'ai pas d'illustrations, mais je suis sûre que beaucoup d'entre vous les ont en tête... Alors pour lutter contre les voleurs, l'ours Martin a du hausser la voix, et croyez-nous, la voix de l'ours, ça fait flipper le russe ! On l'a eu notre argent, ils nous auront pas (les enculés d'en face) !
Cette vallée nous étonne, on a du mal à croire qu'on est bel et bien au Canada. Les saisonniers pullulent et peuvent bien vite être catégorisés, un peut comme les délinquants à Lyon d'ailleurs... Alors pour continuer dans les généralités, il y aurait : 
- les québécois tout juste pubères dont on a déjà parlé, en plein voyage initiatique et en mode sexe accordéon et alcool
- les saisonniers endurcies, les machines, qui sont là pour faire de l'argent, illégaux pour la plupart
- les voyageurs, dont nous faisons partie, qui sont là parce qu'ils ont entendu parler de la fameuse vallée fertile
Ce que l'on entend beaucoup de la bouche de nos collègues, c'est ce projet de mettre les voiles au sud à la fin de l'été. Pour être tout à fait honnête, pour les travailleurs pas tout à fait légaux comme il y en a beaucoup ici, le scénario classique consiste à passer l'été dans l'Okanagan, migrer en Californie au début de l'automne pour un autre genre de récolte très lucratif et pas très légal, pour enfin atterrir l'hiver venu, les fesses au chaud au Mexique. Nous ont retiendra l'idée finale des miches bien au chaud pour l'hiver. On travaille fort pour passer les prochains mois hostiles à manger frit et boire du Mezcal, et ça motive les troupes ! L'idée de prolonger le voyage est de plus en plus claire dans nos petites têtes, reste à voir si le manque de vin bon marché (et de saucisson pour l'ours) ne sont pas trop prenant. En attendant, on trime dans la vigne huit à dix heures par jour sept jours par semaine histoire de faire gonfler les salaires, le tout pour le compte de supers patrons. Et bing, on enterre les russes ! In Vino Veritas. 

dimanche 6 juillet 2014

The Zebroff Family and the Cherry Factory

Similkameen Valley, Colombie Britannique. Nous voilà enfin officiellement et légalement travailleurs au Canada. On renfloue les caisses depuis un peu plus de deux semaines maintenant, passant du statut de simples wwoofers à celui de travailleurs agricoles salariés. Et bingo, ascension sociale réussie ! 
Bon alors par contre, il a fallu un peu s'ajuster quant à la nature du travail. On a d'abord atterri dans la Vallée d'Okanagan, célèbre depuis bien longtemps pour ces cerises, et depuis peu pour ses vignobles. On s'était fait recommander cette vallée riche en emplois estivaux par les québécois du sirop d'érable, mais ce à quoi l'on ne s'attendait pas, c'est trouver cette vallée remplie de francophones avec les hormones en folie et la festi attitude. Et au risque de passer pour des vieux cons avant l'heure, on a eu un petit souci d'adaptation, surtout au terrain vague sans eau potable qui nous servait de camping qui accueillait une bonne bande de punks à chiens. 
Bref, on a pris un bon petit coup de vieux et on a mis les voiles dès qu'on a pu, laissant les ados vomir à souhait où bon leur semble. Le très bon côté de la chose, c'est qu'en effet, trouver du travail en tant que saisonnier là-bas est littéralement facile comme bonjour. En à peine une journée, on a dégoté un travail dans un vignoble au décor plutôt paradisiaque et plutôt bien payé qui plus est. On y sera resté dix jours, parfaisant notre bronzage visage-bras-mollets. 
Et puis l'idée initiale était de cueillir ces fameuses cerises, les vignes n'étant là que pour nous faire patienter. L'emploi de cueillette a été lui aussi très facile à trouver mais les conditions étaient loin d'être rêvées. Il faut en fait imaginer une trentaine de saisonniers composée de vingt-cinq québécois tout juste pubères, arborant fièrement dreadlocks, spike en métal, piercing et tatouages. Plus seulement cinq anglophones et nous. Les festi jeunes ça passe encore, mais le gros du problème qui nous a fait déménager avant le début de la récolte, c'est l'arrosage des tentes à grands coups de pesticides.
Le jour du départ, un cosmonaute sur un tracteur vaporisait sa merde alors qu'on était juste à côté... Ça se passe donc de commentaires... Heureusement pour nous, on avait trouvé une ferme bio aux propriétaires russes dans la vallée voisine qui était prête à nous faire travailler.  On est donc dans un petit coin de paradis où l'on peut de surcroît manger les cerises qui sont sur les arbres, un gros luxe au pays du chimique ! En revanche, pas de cueillette ici, on est des trieurs. On voit donc défiler une bonne dose de cerises sous nos yeux. Moins fatigant que la vigne somme toute. Equipe internationale, c'est assez marrant et l'Europe est en fête. Sinon, les poules courent au milieu du verger, la vache laitière squatte à côté de notre cuisine d'été, une oie schizophrène se prend pour un chat méchant en terrifiant les travailleurs et les moutons sont noirs.
Nos dix jours de travail touchent déjà à leur fin, on va essayer de chercher autre chose dans le coin et surtout d'éviter de se faire asperger par une pluie de produits chimiques... et on y croit !




samedi 14 juin 2014

Brûlons les hippies !

Que reste t-il des 70's dans le grand ouest ? Et ben c'est pas bien beau à voir, enfin de ce qu'on a vu en tous cas. Ça frôle même le pathétique lorsqu'un vieillard au cerveau ramolli te sert des leçons de vie au petit déjeuner, ventant les bienfaits du LSD et sa capacité à ouvrir l'esprit sur les problèmes du monde. Et ça devient carrément pathétique quand ce même vieillard radote encore et toujours à propos des pillages de champs d'herbe par les méchants Hells Angels. 
Comme vous pouvez le constater, ces ramollis de hippies ont quand même le chic pour dégoter des endroits pas trop vilains. Il faisait pourtant bon vivre par chez eux. Leur conception du wwoofing était singulière et on est quasiment certains qu'ils n'avaient aucunement besoin d'aide. Non, ils étaient plutôt en mission divine pour enseigner tout leur savoir au commun des mortels. Après un cour sur l'art de faire bouillir de l'eau et un autre sur comment faire la vaisselle, on a sauté dans Rusty (notre char rouillé) pour de nouvelles aventures loin des égocentriques perchés sans dents.
Lors de l'évasion, les cerises n'étaient pas encore mûres et il y avait encore trop de neige dans les Rocheuses pour randonner. Après environ une heure de réflexion chez Tim Hortons, on a décidé de mettre le cap encore plus à l'ouest. Nous voilà donc depuis presque quinze jours sur l'île de Vancouver, un bien beau caillou !
Sur l'île de Vancouver, la vie est douce et les gens sont sacrément relax, un mix entre hippies et surfeurs si vous voulez vous faire une idée. Et bizarrement, on n'est ici ni pour les uns, ni pour les autres.  On s'est rendus sur ce caillou pour une belle randonnée d'une semaine bien connue des canadiens, le West Coast Trail. Pas encore de cohue estivale sur le sentier, un soleil inespéré, une forêt pluviale, des plages magnifiques, de la boue, des échelles, beaucoup de racines, des loutres, des aigles et même des baleines qui font pchitttt. Et aussi trois compères canadiens rencontrés le premier jour lors de la séance d'orientation avec qui l'on achèvera le sentier victorieusement.
Samedi midi, on profite de nos dernier instants dans un vrai lit avant d'aller écouter du bluegrass et de côtoyer du redneck dans un festival local. Quant à dimanche, on va rejoindre le continent afin d'aller voir où en sont ces fameuses cerises. Visiblement, les cerisiers auraient besoin d'être éclaircis avant de passer aux choses sérieuses... La suite quand on aura trouvé un gentil fermier qui veut bien nous payer.




mercredi 28 mai 2014

Nature, chasse, pêche et traditions...

Dans l'épisode précédent, on vous racontait que les tortues qui glissaient lamentablement sur le verglas au mois de décembre, s'étaient embourgeoisées avec l'arrivée du printemps. Et vous savez quoi ? Victoire ! La Tortues Mobile a fait son boulot sans nous chahuter, nous voilà à l'ouest, en plein cœur de la bien nommée Beautiful British Columbia. Le sort doit finalement être exorcisé, on a qu'à continuer à toucher du bois d'orignal...
Dix jours avec le soleil qui chauffe les épaules le matin et qui nous arrive droit dans la face à partir de dix-sept heures. Six mille kilomètres de plus pour la Ford Focus rouillée, trois fuseaux horaires à ajouter au compteur et foule de belles images dans la tête. 
Mais aujourd'hui, c'est la faune locale qu'on va vous montrer ! On garde les paysages pour une nouvelle histoire. 
Si on trace droit à l'ouest non-stop par la transcanadienne depuis Montréal, il faut environ soixante heures pour atteindre Vancouver. Autant vous dire que ce n'est pas cette option que l'on a choisi. On s'est même accordés quelques beaux détours à travers les parcs nationaux et provinciaux du Canada, histoire de dégourdir nos petites jambes et d'aiguiser nos mirettes. C'est en Ontario, au parc Algonquin qu'on a encaissé notre première claque. Une immensité qui nourrit du bon cliché canadien, nos premiers orignaux et l'apparition inopinée d'un cousin plus ou moins proche d'un certain Winnie, en bord de route au crépuscule... Allons-y, c'est le moment de sortir les violons ! Et à partir de là, ça ne s'est pas vraiment arrêté : pélicans, castors, bambis, wapitis, chèvres des montagnes, canards et oiseaux en tous genres, grizzlis, ours noirs, j'en passe et des meilleurs... On se transforme petit à petit en de vrais Davy Crockett en herbe, parce que vu que cette année on est presque des américains, et ben on a peur de rien. Et toc ! 
En ce qui concerne la tradition, c'est dans les Prairies qu'on a pas mal écopé. Suite à une longue journée de route estivale, nos gosiers réclamaient une bonne bière fraîche. Mais faut pas oublier qu'on est au Canada et qu'on achète pas sa bière au Leclerc du coin (sauf au Quebec, sont vraiment bien ces québécois) ! Faut se mettre en quête des Liquor Stores, enfin dans la plupart des provinces. En Manitoba et dans la Saskatchewan, il faut dénicher un Vendor. Ce qui signifie que l'on doit pousser la porte de ce qui s'apparente de l'extérieur à un bar à putes. De là, t'as un peu l'impression d'être Rob Ford qui va acheter son crack : vieille odeur de bière, bois humide, pénombre et mec décharné qui te vend derrière des grilles tes six bières (dégueulasses en plus) pour la modique somme de 15$ ! Sans doute les vestiges de la prohibition ?! En tous cas, on l'aura compris, l'alcool c'est mal ! Il est donc légal de se balader avec un gun, mais tu dois mettre ta bière dans un sac en papier pour ne pas pervertir la jeunesse...
Z'ont l'air plus détendus en Colombie Britannique, nous voilà rassurés ! On se remet tout juste de notre traversée des Rocheuses et c'est encore trop frais pour vous en causer. On peu juste vous dire que Johnny Cash et Lou Reed nous ont accompagné sur cette dernière portion. On va donc vous laisser en musique avec deux chansonnettes beaucoup plus audibles que les précédentes... Take a walk in the wild side et Folsom Prison Blues
Fin prêts pour un nouveau wwoofing où l'on va on l'espère apprendre à comprendre ces chères abeilles. Prochaine étape ? Appâter l'ours avec le miel et le dompter ! 










jeudi 8 mai 2014

Fuck ceux là qui disent qu'on parle mal !

En direct de Montréal, on reste accrochés à la Québéquie encore quelques jours. Fichtre ! C'est pas facile de s'extirper de l'emprise de la poutine. Mais ya du progrès, on a quand même réussi à mettre les voiles de la ferme des joyeux lurons, non sans quelques hésitations. On aura passé un sacré mois d'avril, en compagnie d'humbles fermiers qui nous ont offert une belle immersion en terres francophones. La saison des sucres est cette fois belle et bien enterrée et c'est le printemps non d'une pipe ! Le printemps, le vrai, celui avec le soleil qui chauffe, les oiseaux qui chantent, les bourgeons en fleurs et la neige qui disparaît pour de bon. Youpi, on l'aura eu cette hiver !
Et ce printemps va s'accompagner de quelques nouveautés. D'abord il y a ce virage à l'ouest que l'on va enfin donner à notre voyage. Et le détail inattendu, c'est que ce virage va se faire en char. Ce pays est bien trop grand et les transports en commun sont bien trop nuls. Après moult tergiversations et plusieurs discussions avec des gens du cru, on a commencé à se dire que ça serait quand même pas mal d'être motorisé au pays de l'automobile. Et bing, après l'essai infructueux d'une rave sur roue avec un cancer généralisé, on a fini par trouver notre bonheur à Montréal. Bon, faut tout de même avouer que c'est un bonheur bon marché et un peu rouillé. Mais nous tout ce qu'on demande c'est qu'il nous porte jusqu'à l'ouest sans nous claquer entre les mains. On espère donc (et on prie un peu aussi), pour que la guigne de l'Ours Martin envers les engins automobiles s'exorcise au Canada. On doit quand même bien aimer jouer avec le feu. Figurez-vous qu'au moment même où j'écris ces lignes, l'Ours en question me ramène notre première contravention de stationnement... Hum, ça doit sûrement faire parti du processus pour exorciser le sort ! On gardait la pêche jusqu'ici mais fait exprès, les Canadiens de Montréal viennent de perdre leur quatrième match des Séries. Ostie de câlice de crisse de tabarnak comme diraient les autres !
Et puis sinon, Montréal est hospitalière, très hospitalière même. On est dans notre deuxième maison d'accueil et on la quitte pour une troisième demain, après avoir refusé (oui oui, refusé, c'est assez dingue) plusieurs invitations Couchsurfing. On vous le disait, les français le disent, le monde entier le dit (sauf le reste du Canada) : mais qu'est-ce qu'ils sont sympas ces québécois ! Du coup on joue les prolongations, histoire de recevoir nos papiers d'assurance. Au passage, ça ne mange pas de pain, vaste merdier pour assurer une voiture ici.
On a flâné, pas mal flâné, dans les parcs, dans les rues, au milieu des building, au vieux port, au marché, au sommet des collines, et c'était drôlement chouette. On retiendra parce qu'on a beaucoup ri (sans jamais se moquer bien sûr, c'est pas notre genre), un cours de fitness féminin d'un genre particulier. On va vous décrire la scène, et puis on va vous la mettre en image parce que c'est trop bon. Alors attention, ça risque de tenter bien des jeunes mamans. Chez les hypsters de Montréal, quand on est en congé mat, on veut rester belle et en forme tout en veillant sur son petit chérubin. Vous le désirez ? Montréal l'a fait pour vous ! Des cours de jogging-fitness-poussette ! Shake your booty and your baby ! Le printemps est aussi plein de ressources finalement !
On va vous laisser sur cette spring touch en vous donnant un aperçu en photos de la ville. Et pour les petits curieux qui s'interrogent sur le pourquoi du comment du titre de l'article, suivez ce lien et ouvrez vous écoutilles, vous n'allez pas tout comprendre, mais prenez sur vous, yen a pas pour longtemps : http://mononc.com/chanson/le-joual/





mardi 15 avril 2014

Plutôt crêpes ou pancakes ?

Ah la québéquie ! C'est beau la québéquie ! Et qu'est-ce qu'ils sont sympas ces québécois !
Ça y est, on vient définitivement de valider l'hypothèse d'une éventuelle schizophrénie des canadiens. C'est l'Ours Martin qui cogite la dessus depuis quelques mois. Deux influences opposées et un Quebec qui contraste incontestablement avec le Canada qu'on appréhende depuis cinq mois maintenant. Tant est si bien qu'une fois arrivés dans les rues de la vieille ville, on a presque  eu l'impression d'être en France... Boulangeries, magasins bio, grandes chaines de fast-food invisibles (ou inexistantes ?), fromageries, saucissons et tout le toutim. Vous vous en doutez, on a fait une petite cure de bon manger et étrangement,  le point culinairement culminant ne fut pas la redécouverte du fromage mais plutôt le crabe tout frais que nous a fait déguster notre poissonnier québécois d'hôte. On a raté le homard dans les maritimes mais on était là pour l'ouverture du crabe à Quebec ! 
Pour ceux qui voudraient savoir comment s'est passé notre séjour en Gaspésie, il y a eu un léger contretemps faute d'organisation. Non motorisés, on a décidé que la Gaspésie se passerait de nous et on a filé à Quebec en testant le covoiturage, convivial et moins dispendieux que le train ou le bus. Cet incident lié à la motorisation nous a donné quelques idées pour la suite, et on vous en dira sans doute plus dans quelques semaines. 
Page touristique étant faite, on n'est pas au Quebec pour enfiler des perles et bouffer du crabe. Notre mission initiale était de s'introduire dans une cabane à sucre pour voir un peu à quoi ressemble la fabrication du ô combien célèbre sirop d'érable. Et bingo ! Ça n'arrête pas de fumer dans la cabane ! Ça coule dans les arbres, ça bout, ça fume et ça évapore sec. Ça bout tellement du tonnerre qu'on dirait la cabane de Panoramix. C'est une vrai institution, le sirop est décliné sous tout un tas de formes et croyez-nous, ça goûte bon ! On a donc le sirop d'érable, le beurre d'érable, le vinaigre d'érable (miam !), le réduit ou encore la tire ! Le réduit est moins concentré que le sirop et on l'accommode volontiers avec un brandy, on le fait juste bouillir moins longtemps pour que ça soit moins sucré. La tire, c'est le plus drôle pour les petits. On fait bouillir une nouvelle fois du sirop déjà près et on le monte à une température supérieure. Après ça, on répand le liquide sur la neige pour qu'il refroidisse très vite et on munie la horde d'enfant de bâtonnets en bois. Et c'est parti pour la fabrication instantanée de sucettes au sirop d'érable ! Re Miam !  
Le druide local est très jovial et les autres compères le sont tout autant. On vient de débarquer dans ce qui est à ce jour l'endroit le plus familier du voyage. Une bande de potes trentenaires qui ont il y a dix ans de cela décidé de tenter l'aventure maraîchère ensemble. Chacun sa spécialité, deux-cent paniers à livrer, et rouler jeunesse ! Des enfants de partout, un bon réseau de granolas (mot québécois désignant les hippies en sandales mangeurs de graines) tout autour, on est vraiment pas très loin de ce qui se fait chez nous... Et il se pourrait bien qu'on s'y plaise énormément. Diable, ne pas se faire attraper ! Hum, heureusement que l'appel de l'ouest est encore bien présent... On devrait donc quitter le village des valeureux résistants québécois d'ici la fin des sucres. Alea Jacta Est ! Ou pas ?